ORGE DES RATS
- Latin - Hordeum murinum L.
- Italiano - Orzo selvatico
- Origine - Mésopotamie
- Arrivée - 10 000 ans av. J.C.
Cet épis évoque toute l’histoire de la civilisation occidentale. Car c’est notamment avec la culture des graminées que le chasseur-cueilleur a pu progressivement ralentir, avant de s’arrêter tout à fait et de se sédentariser. Avec l’épis, naît l’agriculture il y a plus de 10 000 ans au Moyen-Orient, avant de se répandre, notamment en Europe. En conséquence, l’épis représente aussi la base de la cuisine de cette région, encore aujourd’hui. Depuis la baguette de pain jusqu’à la pizza, en passant par l’infinie variété des pâtes. Cependant cet épis ci n’est pas un épis de blé, mais son cousin lointain l’orge des rats, souvent mal aimé (ça arrive parfois avec les cousins lointains). S’il est tout aussi comestible, ses graines sont trop petites pour intéresser la rentabilité attendue par l’agriculture contemporaine. En dépit de l’élégance de son dessin, on l’ignore. Pire, on va jusqu’à le considérer comme “mauvaise herbe” car quand l’orge des rats veut créer une réunion de famille en s’installant dans un champ de blé, on considère qu’il fait baisser le rendement, et on le détruit. C’est ballot.
Avant sa maîtrise par l’homme, l’épis “d’origine” fonctionnait comme un pétard : à maturité ses graines étaient expulsées aux alentours pour garantir la propagation maximale de l’espèce. Parfois une anomalie génétique empêchait cette explosion. C’est cette anomalie que le proto-agriculteur a favorisé par un travail de sélection, pour obtenir une espèce dont il pouvait facilement moissonner la production. La dissémination spontanée a disparu au profit d’une concentration de nourriture pour les humains. Ainsi prirent fin les feux d’artifices de blé.