AILANTE
- Latin - Ailanthus altissima (Mill.) Swingle
- Italiano - Ailanto
- Origine - Chine
- Arrivée - 1743
Voilà l’une des plantes les plus répandues aux marges, sur les friches, les bas-côtés. Il s’agit d’une plante déterminée qui se contente de peu : mauvais sol et peu d’eau lui conviennent. Aussi la trouve-t-on au pied des murs, et le long des autoroutes. Sa forme physique rappelle sa détermination : une régularité sans faille de l’implantation de ses feuilles, très légèrement alternées le long d’une tige droite. Ses longues feuilles pointues sont d’apparence si banale que l’ailante marque peu la mémoire, enfin sauf celle du jardinier qui aimerait qu’elle aille persister ailleurs. Pour peu qu’on la laisse tranquille, la petite pousse discrète peut gentiment devenir un arbre qui atteint 30 m de hauteur, comme son nom latin le suggère.
Comme le mûrier pour le cocon de soie, l’ailante est l’arbre de prédilection d’un autre papillon, le “bombyx de l’ailante” qui produit une fibre moins douce, mais très résistante. Envoyées par le père jésuite d’Incarville depuis Pékin à son ami botaniste Bernard de Jussieu en 1743, les premières graines n’ont pas tardé à s’échapper des jardins scientifiques pour aller gambader sur les chemins. La résistance de la plante, comme sa reproduction aisée, a ensuite assuré son déploiement étendu. Ce qui en fait aujourd’hui une espèce considérée comme problématique et envahissante aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, et qui préoccupe l’Europe. Mais en produisant jusqu’à 300 000 graines par an, l’espèce n’est pas loin de disparaître de nos paysages.