MÛRIER À PAPIER
- Latin - Broussonetia papyrifera L
- Italiano - Morus di carta
- Origine - Asie du Sud-Est
- Arrivée - XVIII°s.
Les feuilles lancéolées avec trois lobes pointus du mûrier à papier sont uniques. Une forme élaborée qui fait penser à la pointe d’une lance médiévale orientale dans un conte pour enfants. Le début d’une arabesque. Et c’est pourtant d’Asie que vient cette plante, aujourd’hui largement répartie en Occident. Il s’agit d’un arbre buissonant qui reste relativement petit (15 -20 m de hauteur), mais qui déploie une stratégie similaire à celle du cerisier pour sa dissémination : en juin-juillet arrivent ses fruits, assemblages sphériques de petits tubes oranges à la pointe de chacun desquels se trouve la graine. Ces “mûres” sont autant de distributeurs de saveurs et de graines à faire éparpiller par les oiseaux (voir Câprier). Les humains sont les bienvenus pour partager le festin, mais ces fruits sont tellement fragiles qu’ils ne peuvent pas être transportés (donc commercialisés). Espérons que les jardiniers en profitent au mois d’août alors que l’école est fermée...
Originaire de l’Asie du Sud-Est, le mûrier présente des espèces légèrement distinctes entre la Chine, le Japon et la Corée. Tous ces pays, en revanche, l’ont utilisé pour produire de la pâte à papier. S’il ne survit quasiment plus de nos jours (mais un peu quand même) cette utilisation va dicter au botaniste Linné son nom “papyrifera” qui signifie “qui porte le papier”. Ce sont les fibres de l’intérieur de l’écorce qui sont récupérées, trempées, étuvées, martelées et séchées pour créer des supports d’écriture. Et ce depuis le tout début du IIe siècle de notre ère.